10.11.2011

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...Le blog de Michel Cand

 BIENVENUE

A travers des rubriques et des albums photographiques (accessibles dans la marge michel cand,poesie,ecriture,sculpture,fresqueà gauche), ce blog présente  l'œuvre de Michel Cand dans différents domaines :

   Ecritures

   Fresque

   Sculptures

Ce blog présente également des articles sur son œuvre ainsi que des liens vers d'autres sites ou blogs.

Bonne navigation...

 

CONTACT         

mcand@free.fr          06 87 54 31 77

 

ACTUALITE

Toute l'actualité à propos de Michel Cand...



...Festival international de Poésie Actuelle de Cordes sur Ciel, 12 et 13 juillet 2012

Participation au 5ème Festival international de Poésie Actuelle de Cordes sur Ciel, Tarn, organisé par la Maison des Surréalistes

10 - 11 juillet 20125908478093_63ab6cd182_b.jpg

Médiathèque du pays cordais

Cordes sur Ciel, Tarn



...Parution de LAPIDAIRE : DE LA SCULPTURE,VITE !, juillet 2012

Parution de LAPITAIRE : de la sculpture, vite !

de Michel Cand

Essai sur la sculpture en 189 chapitres et 280 pages.

Préface de Pierre Clavilier

Editions Rafael de Surtis, 2012



...Lectures poétiques, Festival de la Parole Poétique de Quimperlé, mars 2012

Lectures poétiques de Psoriasis de l'Eternité au 7ème Festival de la Parole Poétique,festival de la parole poetique,michel cand,quimperlé  communauté de communes du Pays de Quimperlé, Bretagne

9, 10, 11 mars 2012

Différents lieux  culturels du Pays de Quimperlé : Médiathèque de Quimperlé, Espace Mélanie de Riec-sur-Bélon, Chapelle Saint Jacques de Clohars Carnoët


 

 

...Exposition de sculptures & lecture musicale, janvier-février 2012

Exposition de sculptures de Michel Cand avec les peintures de Françoise Bertsch et de Christine Walhain

31 janvier - 18 février 2012photo vitrine.JPG

Galerie Peinture Fraîche

29 rue de Bourgogne, 75007 Paris... M° Varenne, Invalides...

VERNISSAGE  mardi 31 janvier 2012, 18-21 heures

LECTURE MUSICALE de PSORIASIS DE L'ETERNITE mardi 14 février 2012, 19-21 heures



...Lectures musicales, octobre 2011

Lecture musicale de Psoriasis de l'Eternité : EVACUATION

par Dominique Gabriel Nourry et l'auteur, avec la flûte de Jean-Pierre RoyerDSCN0303.JPG

suivie d'une discussion animée par Pierre Clavilier autour d'un cocktail

Mercredi 19 octobre, 19 - 21 heures

Galerie Lehalle

3 rue Augereau, 75007 Paris... M° Ecole Militaire... Bus 42, 49, 69, 80, 87, 92


Lecture musicale de Psoriasis de l'Eternité : EVACUATION

par Gwladys Bricout et Dominique Gabriel Nourry, avec la flûte de Jean-Pierre RoyerDSCN0335.JPG

suivie d'une discussion animée par Pierre Clavilier autour d'un cocktail

Jeudi 6 octobre, 19 - 21 heures

Galerie Thanakra

170 bis rue de Grenelle, 75007 Paris... M° La Tour - Maubourg... Bus 69, 28



...Festival international de Poésie Actuelle de Cordes sur Ciel, 12 et 13 juillet 2011

Participation au 4ème Festival international de Poésie Actuelle de Cordes sur Ciel, Tarn, organisé par la Maison des Surréalistes

12 - 13 juillet 20115908478093_63ab6cd182_b.jpg

Médiathèque du pays cordais

Cordes sur Ciel, Tarn



...Parution de PSORIASIS DE L'ETERNITE : EVACUATION, juin 2011

Parution de Psoriasis de l'éternité : EVACUATIONcand,michel cand,poesie,psoriasis de l'eternite,editions rafael de surtis

Troisième volume de la Trilogie PSORIASIS DE L'ETERNITE

de Michel Cand

Editions Rafael de Surtis, 2011

ISBN 978-2-84672-24960


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09.11.2011

Article de LIONEL LABOSSE sur PSORIASIS DE L'ETERNITE

Lionel Labosse est écrivain, éditeur, pédagogue, professeur, blogueur. Il est l'auteur de L'année de l'orientation, 2003 ; Altersexualité, Education et Censure, 2005 ; Karim & Julien, 2007 ; livres parus aux éditions Publibook. Il a créé les éditions A Poil, où il a notamment publié l'excellent Le mariage de Bertrand d'Essobal Lenoir, 2010.

Il a publié l'article qui suit sur son blog très fourni Altersexualité dans lequel on trouve littérature, critique, pédagogie, philosophie, voyages, etc.


...A propos de la trilogie PSORIASIS DE L'ETERNITE

L’ÉTERNITÉ, CA VOUS GRATOUILLE OU CA VOUS CHATOUILLE ? Pour adultes et lycéens

Psoriasis de l’éternité, de Michel Cand, Rafael de Surtis éd., coll. Pour une Terre interdite, 2010/11, 3 x 96 p., 3 x 14 €

Dans une édition soigneusement brochée d’un éditeur soucieux lionel labosse,labosse,psoriasis de l'eternite,michel cand,ébullition,évacuationde respecter auteurs et lecteurs, Michel Cand nous livre trois séries de fragments poétiques, entre aphorismes et haïkus. Les sous-titres sont évocateurs Élévation, ÉbullitionÉvacuation.

Un « il », une « elle » vous enlèvent d’un coup de plume qui se sent pousser des ailes sur une île d’utopie. Une utopie, précisons-le, aussi contondante que la « fleur bleue » de Boby Lapointe… Je n’ai pas encore lu le premier volume, mais voici le deux et le trois. Des poèmes d’aujourd’hui tout à fait accessibles à nos élèves.

 

ÉBULLITION (tome 2)

Le tome 2 dresse un portrait du poète en hétéro pathétique : « Il avait étéDSCN3574.JPG enfanté / dans un monde inespéré / pas moins de la moitié / était du sexe convoité » (fragment 2).

Les sexes, puisque sexes il y a, sont complémentaires : « Il était dans un halo bleuté / l’autre était dans une aura jaune / il y eut des lueurs vertes » (20), mais parfois antagonistes d’une façon irréconciliable : « Ses fesses sous son jean / ses seins sous son échancrure / les moues de sa bouche / la pétulance de ses yeux / la danse de ses déplacements / même si elle le snobait / c’était bien du harcèlement » (37) ; « Pendant qu’il lui ouvrait le ventre / de son sexe / elle plongeait ses mains / dans son cœur » (42) ; ou encore : « Jour après jour avec ses mots / elle avait filé des fils invisibles / fixés à chacun de ses membres à lui / aussitôt parlait-elle que lui / pantin » (62).

Le mâle acculé se défend comme il peut ; le machisme est une arme comme une autre : « Comme il était gentleman / il ne négligeait surtout jamais / le plus considérable de la femme / le plus conséquent / son cul » (89). Ces notations qui se multiplient évoquent l’Androgyne de Platon : « Il était pile / elle était face / ils ne virent jamais la monnaie » (56). Mais ce qui surnage, c’est le doute taraudant : « Sa vie / un brouillon / épure des attirances / ratures des tentatives […] / ah réécrire au propre » (93).

 Las, l’histoire passe, et notre impuissance coupable est symbolisée de main de maître : « Il avait laissé / Mozart et Verlaine / mourir dans la misère / il avait laissé / Franco et Staline / mourir dans l’opulence » (142). L’antagonisme des sexes se résout dans l’humour : « Il se méprisait / minable vu ses potentialités / elle l’aima / elle si remarquable / aimer un minable / il la méprisa » (110).

Où l’on comprend que ce « il », cette « elle », sont des pronoms lambdas plutôt que ce que nous autres maîtres d’école avons tendance à qualifier de « le poète ».

 

ÉVACUATION (tome 3)

Plusieurs fragments de ce tome – mon préféré – me font penser à la définitionDSCN3583.JPG du poète par Jean-Paul Sartre : « En fait, le poète s’est retiré d’un seul coup du langage-instrument ; il a choisi une fois pour toutes l’attitude poétique qui considère les mots comme des choses et non comme des signes. Car l’ambiguïté du signe implique qu’on puisse à son gré le traverser comme une vitre et poursuivre à travers lui la chose signifiée ou tourner son regard vers sa réalité et le considérer comme un objet. L’homme qui parle est au-delà des mots, près de l’objet ; le poète est en deçà. Pour le premier, ils sont domestiques ; pour le second, ils sont à l’état sauvage, ce sont des choses naturelles qui croissent naturellement sur la terre comme l’herbe et les arbres. » (Qu’est-ce que la littérature ?, Folio, p.29).

Prenons le fragment 47 : « Elle ne vêtait pas son corps / elle parait ses désirs ». Ce « paraît » est-il « parer » ou « paraître », moyennant une coquille sur un chapeau ? Et si « parer », est-ce au sens d’orner ou de protéger ? Michel Cand reste, en poète, du côté des mots, et abandonne son « elle » et le « il » qui va avec à la crudité des choses. Si l’on rapproche le fragment 68 du précédent : « Elle / vêtait / le vide », de ces deux silex jaillit une étincelle selon laquelle corps et désir = vide. Le 35 ne nous aide guère : « Elle se parait / de ses secrets / indéchiffrables », ou plutôt nous renvoie à l’indéchiffrable objet du désir.

Le désir est cru ; on se croit sans se comprendre, et malgré l’incompréhension, on croît et multiplie : « Quand il disait baise / elle entendait amour / quand elle disait amour / il entendait baise / ils eurent beaucoup d’enfants » (63) ; « Quand il en parlait / c’était du porno / qu’elles disaient / quand elle en parlait / c’était de l’amour / qu’elles disaient » (169). Le plaisir est affirmé simplement, dans son lien indéfectible avec la procréation : « La vie devait être belle / puisqu’il la donnait avec plaisir » (76), mais le poète nous surprend parfois à suggérer la polygamie : « Mais comment leur faire comprendre / qu’il l’aimait elle bien sûr / mais aussi elle / et elle et encore elle et elles / qu’il revendique toutes / comme êtres dignes d’amour » (172).

C’est que l’amour ne va pas de soi, « il » et « elle » ne croisent pas forcémentlionel labosse,labosse,psoriasis de l'eternite,michel cand,ébullition,évacuation sur la même longueur d’onde : « Non pas avoir un homme pour avoir un homme / plutôt le pack / enfant maison confort sécurité » (225). Le bon vieux couple éros / thanatos pointe son nez : « Un jour sa fontanelle s’ouvrira comme un vagin / il en sortira de son corps » (205)

On relève une saillie ronsardienne : « Un jour, c’est en petite vieille / qu’elle apparaîtra dans son miroir / elle regrettera les avances de ceux / que les invertébrés avaient depuis longtemps déféqués » (77).

Le « il » semble démuni, comparé à « elle » : « Chacun ses possibilités / le chien avec son nez / l’oiseau avec ses ailes / l’araignée avec son fil / lui c’était avec lui-même » (97).

L’humour constitue une échappatoire assumée : « Le sens de la vie / il l’avait cherché longtemps / maintenant ce qu’il cherchait / c’était le sens de l’humour » (143) ; mais renvoie à l’impasse douloureuse de la conscience de soi : « Il est là dans le métro / face à cet homme à gueule de con / mais cet homme c’est lui (...) » (147).

Et le recueil aboutit à l’impasse d’un questionnement existentiel qui se mord la queue : « Il pensa très fort […] / mais déjà de cette pensée / était née l’énergie concentrée / et de l’énergie surcompressée / était née la matière / et de la matière naquit encore la matière / […] qui engendra les hommes / d’où finalement lui-même naquit / il revint sur cette pensée / et douta » (266).

Lionel Labosse